Radio Margo

Mois : janvier, 2015

Echos aux articles précédents

Je viens de lire cet article Miami police use mugshots of blackteens for target practice (la police de Miami utilise des portraits de jeunes adolescents noirs pour s’entraîner au tir). Je pense que le titre résume bien le problème. En l’occurrence une jeune policière noire s’est présentée au stand de tir et a vu la photo de son frère, prise 15 ans avant lorsqu’il s’était fait arrêter pour course illégale de hot-rods. Sur son portrait, il s’était pris une balle dans le front.

Egalement, par rapport à la guerre « à travers les murs » dont je vous parlais il y a deux semaines, l’article US police are using X ray style machines to look into homes  (la police américaine utilise des machines à rayon x pour regarder dans les maisons) nous apprend que le Doppler radar permet de savoir, à travers un mur, si un individu respire dans un rayon de 50pieds, soient 15m. Le territoire américain, ce territoire en guerre.

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A travers les murs

De retour après une sorte de trêve des confiseurs, je prépare un article pour la revue Urbanités sur les nouvelles formes de guerres urbaines, notamment du point de vue de la « punition » et de la discipline.

Pour cela je lis le très petit mais très dense A travers les murs – l’architecture de la nouvelle guerre urbaine d’Eyal Weizman, qui travaille sur les nouvelles doctrines de l’armée israëlienne (Tsahal ou IDF), et notamment la notion d’essaimage. Weizman nous dit que depuis les opérations de 2002 Tsahal les généraux cherchent à développer des interventions qui n’ont plus rien à voir avec la stratégie conventionnelle mais plutôt avec des microtactiques, ne s’encombrant d’aucune ligne de front mais dont les éléments (les soldats, les armes, les véhicules), se diffusent, passent à travers les murs et n’utilisent plus les voies classiques: portes d’entrées, escaliers etc.

Ce qui est pour le moins surprenant, et ironique, c’est que les dits généraux s’inspirent de la théorie critique, notamment Deleuze et Guattari, pour reprendre à leur compte le concept de déterritorialisation, présent notamment dans Mille Plateaux. Ce qui avait été écrit originellement comme le texte visant à « faire droit à ce qui n’a pas droit à l’existence »[1] se retrouve transposé dans un contexte d’exercice du pouvoir qui tue.

Je n’ai pas fini le livre donc j’aurai sûrement plus à vous dire à ce sujet.

[1] France Culture