Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique, celui qui ne sait pas rire de lui-même. (Pablo Neruda)

Coucou !

J’avais abandonné cet endroit, ça a fait des moutons, ça sent le rance, et des poils ont poussé sur une assiette que j’avais laissée là.

Ces derniers mois, je me suis occupée d’un autre blog en plus de ma thèse, j’étais un peu à sec de mots. J’avais des choses à dire – étonnant – mais pas la capacité de les articuler.

Je lisais le Géo de Janvier. La première fois que j’ai rencontré C., on a parlé de Géo, des anciens dans ma chambre. On parlait de comment c’était drôle de lire des vieux magazines avec des pays qui n’existent plus, des guerres oubliées, celles dont on ne sait plus trop pourquoi et quand elles ont commencé. Avec un copain on parlait du supplément agrafé au milieu sur les rites funéraires de l’Himalaya qu’il n’avait pas eu le droit de lire, et 15 ans après, il s’en était souvenu et était allé voir. On en a appris des choses là-dedans. Comme qu’on peut se faire quécro par des vautours après être mort.

Le dernier Géo parle de Mars. Comme disent les anglo-saxons : WHAT A TIME TO BE ALIVE. J’en ai les poils qui se dressent. Si tu m’avais dit, quand j’avais 8 ans, que Géo causerait de la Terre mais en plus de Mars comme d’un endroit où mettre les pieds. Ils y expliquent qu’après avoir voyagé sur Mars les cosmonautes ( jamais j’utiliserai un autre mot c’est trop beau) doivent rentrer dans l’atmosphère à un angle précis pour pas se roussir les poils ou, si l’angle est trop aigu, repartir à jamais dans l’espace. Sauf que c’est impossible du premier coup, donc l’idée c’est de rebondir plusieurs fois jusqu’à pouvoir rentrer là-dedans comme dans du beurre.

Je vous laisse un moment pour y réfléchir.

Entre le Vietnam et le Cambodge, sur le Mékong, sous le déluge. (photo Valentin Rota)

Entre le Vietnam et le Cambodge, sur le Mékong, sous le déluge. (photo Valentin Rota)

Jules Renard a dit : « Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux ». Et bah moi quand je pense que je vis dans un monde où y a des gens qui essaient de faire pousser des petites plantes sur Mars, mais aussi un monde où j’apprends qu’en 1965 Nabokov, Neruda and Borges étaient en compétition pour le prix Nobel de littérature, et bah ça va. Alors oui il y a la guerre et des phallocrates au Festival d’Angoulême, mais il y a aussi des hommes qui renoncent à la compétition parce que c’est pas juste et que comme j’ai lu sur twitter : « deux mille seize putain, on n’a pas le cul sorti des ronces ».

Mais on va y arriver. Et au pire on ira sur Mars.