A travers les murs

De retour après une sorte de trêve des confiseurs, je prépare un article pour la revue Urbanités sur les nouvelles formes de guerres urbaines, notamment du point de vue de la « punition » et de la discipline.

Pour cela je lis le très petit mais très dense A travers les murs – l’architecture de la nouvelle guerre urbaine d’Eyal Weizman, qui travaille sur les nouvelles doctrines de l’armée israëlienne (Tsahal ou IDF), et notamment la notion d’essaimage. Weizman nous dit que depuis les opérations de 2002 Tsahal les généraux cherchent à développer des interventions qui n’ont plus rien à voir avec la stratégie conventionnelle mais plutôt avec des microtactiques, ne s’encombrant d’aucune ligne de front mais dont les éléments (les soldats, les armes, les véhicules), se diffusent, passent à travers les murs et n’utilisent plus les voies classiques: portes d’entrées, escaliers etc.

Ce qui est pour le moins surprenant, et ironique, c’est que les dits généraux s’inspirent de la théorie critique, notamment Deleuze et Guattari, pour reprendre à leur compte le concept de déterritorialisation, présent notamment dans Mille Plateaux. Ce qui avait été écrit originellement comme le texte visant à « faire droit à ce qui n’a pas droit à l’existence »[1] se retrouve transposé dans un contexte d’exercice du pouvoir qui tue.

Je n’ai pas fini le livre donc j’aurai sûrement plus à vous dire à ce sujet.

[1] France Culture