Londres 2 – épiphanie

J’ai lu, hier, dans le métro, l’entretien vertigineux entre Foucault et Deleuze sur la place que doivent tenir les intellectuels dans la lutte contre le pouvoir. Ils dépassent le débat sur le caractère inutile ou au contraire souverain de la théorie en expliquant que celle-ci n’est qu’un autre outil pour la révolution, qu’elle n’est pas prescriptive ou supérieure à la pratique. C’est un débat sur lequel bell hooks (Teaching to Transgress – Education as the Practice of Freedom, 1994), revendiquée féministe noire américaine, a beaucoup travaillé, notamment parce que les groupes activistes auxquels elle participait avait des débats houleux sur la place à accorder aux textes dans le mouvement.

Quant au texte de  Foucault et Deleuze, je l’ai trouvé en ligne ici, mais je vous recommande d’emprunter Dits et Ecrits à la bibli (ce texte-là est dans le T.2, il y en a 4) et de picorer. L’humilité de Foucault et Deleuze, et « l’indignité [qu’ils trouvent] à parler au nom des autres » vient doubler leur prodigieuse intelligence intellectuelle d’une intelligence humaine, si on en doutait. Si vous avez la flemme de lire le texte sur écran, comme c’est le cas pour moi, imprimez-le, lisez-le à haute voix, accrochez le sur le frigo.

Lire ce genre de texte me donne envie de me rouler dans mon amour de l’Humanité, avec ce qu’elle a de plus con et sordide.

 

Michel Foucault en chaussettes

Michel Foucault, en chaussettes

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